L'événement le plus important dans la vie d'un homme est le moment où il prend conscience de son Moi.


Tolstoï

mercredi 4 février 2015

                                                      Le S   comme,


Souvenirs qui font appel à la mémoire, à ce qui reste en mémoire, se figent comme Signifiants renvoyant au manque, à l'absence, au désir comme voie d'accès.

Le S qui pose questionnement : qui S?

Celui qui reste en Suspens sur le fil de ses émotions toujours en équilibre, victime de ses interrogations.

S comme Sentir, Soutenir, Se Souvenir, S'exprimer en toute liberté sans censure.
Le S après le  R, avant le T pour peut-être Signifier que c'est rien ou tout, répétitions compulsives du passé dans le présent, prisonnier de ses Sentiments.

S c'est le Subconscient articulé avec le conscient l'actuel et l'inconscient Stockant les désirs refoulés.

S pour Supposer ou bien se poser là quelques instants, la question du Souvenir, empreinte du passé tatouée dans le conscient laissant souvent  des traces pour que rien ne S'efface.

S  bien raisonnable par les temps qui courent d'avoir recours à la pensée, panser les maux  d'antan que l'on entend même plus.

S comme Sensations fortes, faire Sensation, Sexe à tous les étages ascenseur du bonheur, monter au Sixième ciel.

Gainsbourg en-chantera l'amour sous toutes ses latitudes avec le fameux:  "je t'aime moi non plus", "Sea, Sex and  Sun" et Baudelaire dira :" l'autre est à la fois si proche et si lointain".

Relation distanciée, ambivalence sur fond d'écrans Souvenirs, il Suffira d'un Signe pour que la mémoire rejaillisse de tant d'émois.

S comme Sélectif qui a pu ou encore  peut choisir, puisque c'est pour le meilleur et non le pire que l'on se Souvient si bien.

S pour Séduire, aimanter, Susciter, Solliciter, autant de Signifiants d'intérêts  que de désirs inavoués.
Supposer que si la mémoire flanche, le Souvenir  lui Scelle inlassablement les héritages du passé.

 Symboles à retenir ou à lâcher, ce n'est que partie remise, l'imaginaire s'en charge à sa décharge, exutoire  d'un trop plein, que décharger de plus?

S'il est bon de se fier aux Souvenirs pour Stimuler les pensées, Sachons alors lâcher prise au détour d'un divan.
S comme Structure, Singulière, unique, c'est à chacun son Style.
S comme style, le Soi-même, l'affect le plus profond, laissons libre cours à son imagination, laissons- le alors Sublimer et se Substituer.

S comme solitude, Sentiment de vide à combler, S'autoriser enfin l'accès aux mille et un interdits.




mardi 13 janvier 2015

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

La séparation définitive, irréversible, avec un être aimé est une épreuve des plus douloureuse.
Les étapes du deuil sont des réactions normales dont la durée va varier selon le vécu de chacun; il y aura pathologie lorsque la personne restera "coincée" dans une de ces étapes.
A cela s'ajoute la tristesse sans quoi ce travail ne pourrait s'amorcer.


Parmi les étapes du deuil :

- l'anesthésie : 

Elle correspond à une perte de la réalité, état de choc, le temps s'est figé, impossible d'accepter la réalité comme telle, la personne refuse ce qui vient de se passer.

- La phase de recherche :

C'est un entre-deux où l'endeuillé cherche partout l'être aimé, période d'angoisse car les habitudes qui liaient à la personne disparaissent petit-à-petit.
C'est une phase de dépression et de recherche de l'autre.
L'endeuillé se cogne contre le vide créé par l'absence.
C'est une période fragilisante où il est question d'une attente de manifestation de l'être aimé qui ne vient jamais.
Le mort apparait sous toute forme : rêve, phantasme, délire, hystérie et possession.
Dans l'expérience du deuil, il est question parfois de perdre ce que l'on souhaite conserver du disparu.
Tout souvenir faisant retour modifie le lien avec le mort.
Dans ce travail de deuil, la personne vacille avec une temporalité et une chronobiologie qui tend à se défaire.

- la phase de dépression réactionnelle :

La tristesse prend place et si elle persiste, cette étape devient pathologique et il sera nécessaire de consulter.
Incompréhension par rapport au rythme de reprise du quotidien de l'entourage, décalage avec la personne endeuillée qui elle, tourne au ralenti.
La souffrance est à son point culminant durant cette étape : la personne est remplie d'émotions vives, exacerbées, relatives  au lien singulier qu'elle entretenait avec le défunt.

- la phase de restructuration :

Cette phase intègre le deuil dans l'histoire intrinsèque et personnelle de chacun.
C'est l'acceptation de celui ou celle qui a disparu, ce n'est en aucun cas l'oubli.
C'est le travail du deuil  alors réalisé.
C'est à cet endroit que la parole prend tout son sens; elle soigne les souffrances traversées, elle accompagne le sentiment de culpabilité qui peut continuer à ronger l'entourage :
ne pas avoir fait ce qu'il fallait, ne pas avoir été assez présent, ne pas avoir eu les bon mots, ne pas avoir montrer son amour pour la personne disparue.

Le deuil est aussi un travail de mémoire :
Se souvenir de soi dans l'espace de l'autre, qui étais-je pour lui?qu'elle place m'accordait-il?
De toute évidence, ce travail est conditionné par la nature de la relation objectale qu'il vient à présent dénouer.
Relation qui renvoie aux premiers liens à l'objet qui est constitutif du narcissisme.


Le souvenir est le parfum de l'âme.
George Sand.







samedi 8 novembre 2014

Miroir, mon beau miroir...

Selon Lacan le stade du miroir est formateur de la fonction du "Je" de  l'enfant entre 6 et 8 mois.
Cette fonction ne peut s'installer que par la présence de l'autre. C'est grâce à l'autre que le sujet peut se constituer.
Le stade du miroir est l'état où l'enfant va pouvoir maîtriser son unité corporelle par l'identification à l'image du semblable, ainsi que par la perception de sa propre image dans le miroir.
Lacan souligne la jubilation de l'enfant, son plaisir à contempler son image alors qu'il ne  maîtrise pas encore son unité physiologique.
C'est en portant l'enfant devant le miroir et en lui indiquant que c'est lui, que les parents  l'aident à vérifier son unité, car dans un premier temps l'enfant devant le miroir, ne reconnait que l'autre.
Ce concept du regard touche à quelque chose de primordial, le narcissisme.
Etape nécessaire dans le développement de l'enfant, base de constitution du sujet divisé entre le "Je" le sujet de l'inconscient et le Moi, relevant de l'image et du social.

Datant du V ème siècle après J.C, le miroir est décliné dans Blanche Neige, la Belle et la Bête ou Harry Poter plus récemment où là, il porte le nom de "miroir du résid" en lettres inversées (désir) et permet d'accéder non pas au reflet, mais aux souhaits les plus profonds.

Winnicott prolongera la réflexion de Lacan sur le stade du miroir en le résumant par cette phrase :  Le précurseur du miroir c'est le visage de la mère.
Freud quant à lui par le "jeu de la bobine" introduit la notion de Présence/ Absence, ou Actif/Passif.
L'enfant apprend à maîtriser via le jeu, la séparation d'avec la mère.
La symbolisation ainsi va permettre de rester maître de son propre désir.
Ces moments clés de la psyché contribuent à la construction de l'identité personnelle.
La perte de la fusion initiale d'avec la mère est symbolisée par cette traversée subjective du miroir et via le langage, la symbolisation de la présence-absence de la mère, ou de soi-même.
C'est en cela que le jeu prend toute son ampleur :
Ce n'est plus la mère qui abandonne l'enfant lorsqu'elle le quitte, mais l'enfant qui maitrise son absence en la faisant partir par le rejet de la bobine en bois.

Si l'idée du miroir dans la rencontre amoureuse de nos jours prend tout son sens, c'est parce qu'elle est surinvestie.
On la souhaite idéale, parfaite.
Nos choix amoureux résident dans la "collusion inconsciente narcissique", car on cherche un être qui ressemble à soi-même, à ce que l'on pense être ou que l'on voudrait être.
Bref, un faire-valoir, un miroir qui revoie une image meilleure de soi-même.
L'autre venant revaloriser et booster cette image; c'est dans cette forme de surévaluation du partenaire que l'on va adhérer pour doper son moi.
Toute rencontre amoureuse tend à la confusion avec l'autre.
Comme le rappelle Freud, aux prémisses de l'état amoureux, la démarcation entre moi et l'objet tend à s'effacer.
Toi et Moi ne font qu'un.
L'espace amoureux ni tout à fait réel, ni tout à fait fantasmé, il est entre deux, "transitionnel" comme dirait Winnicott.
S'ajoute à cela "la collusion œdipienne", rencontre plus mature faisant référence aux images parentales positives ou négatives.
L'attirance se fait par ressemblance par certains aspects au père ou la mère.
La rivalité œdipienne rôde, le mari substitut est à combattre, à exclure pour posséder enfin le femme.
Parfois totalement opposé à l'image parentale, le sujet va chercher à  se protéger dans son choix de partenaire d'une relation œdipienne incestueuse toujours menaçante.


En Occident l'amour trouve toujours son origine dans l'interdit, à commencer par celui de l'inceste; les obstacles contrariant l'élan sont recherchés :
Couples mixtes, partenaires plus âgés, en couple, plus l'autre est interdit, plus il est attirant.
La rencontre amoureuse est placée sous le signe du paradoxe car on désire ce que l'on ne peut avoir : les objets d'attachements du passé.

Mais enfin pourquoi?

Pour jouir de ce qu'ils nous ont donné, pour qu'ils donnent enfin ce qu'ils n'ont pas donné ou réparent ce qu'ils ont blessé.
Cette attente d'être "complété" ou "réparée" par l'autre est un véritable leurre qui crée une faille dans le couple.
Sur le modèle parental, les couples se forment et se déforment.
Sans oublier l'aspect transgénérationnel, le "bon timing", la complémentarité de deux névroses; dans tous les cas, en amour on ne choisit pas par hasard.
Freud dit que l'on ne rencontre que ce qui existe déjà  dans notre propre inconscient.

Trouver l'objet sexuel ( l'objet aimé) n'est que le retrouver , telle s'imposerait la Loi du désir humain.







 

vendredi 10 octobre 2014

Et si nous parlions de psychanalyse,

Ne vous est-il jamais arrivé d'envoyer un message à une personne et que ce soit une autre qui le reçoive?
Erreur de manipulation, acte manqué, ironie de l'inconscient?
C'est ainsi que l'inconscient nous échappe parfois, dérape ou se met à nu.
L'inconscient a ses raisons que la raison ignore...
Il sévit, se distingue là où l'on ne l'attend pas.

Dans un lâcher-prise, lors d'une écoute flottante, allongé sur le divan, le travail d'analyse est à la portée de ceux qui s'interrogent sur leur sort.
Remises en question, désir de ne plus reproduire les mêmes schémas toxiques, soulager sa souffrance, vouloir s'offrir un" entre-deux", dans la confiance avec le psy qui correspond bien, c'est déjà un grand pas en avant.

Lapsus, actes manqués, ou plutôt réussis, associations libres, c'est autant d'indices pour appréhender ce que camoufle l'inconscient, ce qui encombre l'esprit.
C'est en cela que l'analyse excelle, libère, aide à conscientiser les "traumatismes" du passé se manifestant sans cesse dès que les situations les y invitent.

- Alors pourquoi une analyse?

Pour ne plus fantasmer une vie meilleure, pour être l'acteur de sa propre vie, pour une plus grande liberté, autonomie, pour s'autoriser à se débarrasser des vieux démons.

Pour travailler sur : la levée des résistances (cadenas) , véritables mécanismes de défense qu'ensemble il faudra déverrouiller au fil du temps.
                              : la culpabilité très souvent trop pesante
                              : Le contenu des rêves  regorge de  mises en scène  qui embarrassent l'esprit et  l'allègent en même temps, véritable exutoire des désirs et frustrations.
Le rêve offre une pièce de théâtre où  tout se joue très souvent en "replay", sans censure, juste pour soulager cet inconscient insatiable, débordant.

L'analyse autorise à tout dire sans jugement et même  ce qui ne l'est pas, dans les silences s'impose.
La cure par le transfert ouvre les vannes de ce qui a été, de ce qui est, de ce qui adviendra;  le rôle du psychanalyste est d'accompagner le patient à faire les liens et à se repositionner.
Le psychanalyste restitue au patient ce qu'il sait au fond de lui sans pouvoir vraiment y accéder.

- Le cadre :

Si décortiquer l'inconscient n'est pas un exercice aisé, l'investigation ne peut être fluide que dans une confiance et un respect mutuel.
En face à face ou sur un divan, les séances respectent un cadre et une durée de 50 minutes.
Oui l'analyse a un début et un fin; elle démarre sur un entretien préliminaire en face à face, se poursuit ou pas, c'est un choix.
C'est déjà le 1er choix, celui d'avoir envie de continuer avec ce psychanalyste plutôt qu'un autre.
Chaque personne étant un être unique évoluant à son rythme, la durée de la cure va donc varier.
Et puis qu'elles résistances le patient va mettre en place pour résister... au changement?
Cette démarche personnelle peut fluctuer selon l'implication de chacun.

- Dans quels cas :

 États anxieux, dépressifs, addictions,boulimie, anorexie, phobies, insomnies, deuil, maltraitance, phobie scolaire, adolescents déscolarisés, etc..


- Qui suis-je?


Membre de la Fédération Française de Psychanalyse, certifiée, j'ai suivi un cursus de six années ainsi qu'une analyse didactique et continue à travailler en supervision sur l'approche, le contenu des cures et l'évolution de mes patients.




 




lundi 22 septembre 2014

Transfert, vous avez dit transfert? mais qu'est ce que le transfert?

 C'est le processus par lequel les désirs inconscients s'actualisent sur certains objets dans le cadre d'un certain type de relation établi avec eux et éminemment dans le cadre de la relation analytique.
Il s'agit là d'une répétition de prototypes infantiles vécue avec un sentiment d'actualité marqué.
C'est le plus souvent le transfert dans la cure que les psychanalystes nomment transfert, sans autre qualificatif.
Le transfert est classiquement reconnu comme le terrain où se joue la problématique d'une cure psychanalytique, son installation, ses modalités, son interprétation et sa résolution caractérisant celle-ci.

Psy Biarritz L'association libre....



L'association libre, c'est...


se laisser glisser d'une d'une image à l'autre

se laisser porter par ce qui advient

laisser venir

laisser se dire

ce qui traverse l'esprit

autour d'un mot

d'un visage

d'une vision

d'un sentiment

ou d'un rêve par exemple

sans à priori...

bien sûr ce ne peut être un mode de vie permanent

mais une source d'idées et d'inspiration

une technique d'exploration de la vie intérieure... autrement dit du psychisme

Deux sons, deux mots, deux idées, mis l'un à côté de l'autre, ouvrent sur un troisième sens qui peut se révéler (bien exploré bien manié bien utilisé) riche pour une meilleure connaissance et compréhension de soi

Cependant la libre association n'est pas toujours volontaire

parfois elle est sollicitée

parfois elle nous échappe

elle peut être l'occasion de lapsus

ou de trait d'esprit

elle est libre mais cependant commandée par des dispositifs internes indépendant de notre volonté consciente... et qui pourtant nous gouvernent

L'association d'idées finit par révéler un sens que nous ne soupçonnions pas et qui peut nous éclairer sur le sens même de ce qui nous préoccupe... nous interroge, nous fait souffrir...

Elle nous permet d'avoir accès non pas vraiment à l'inconscient, mais d'entrer en conversation avec l'inconnu (en soi) et de découvrir les clefs de certaines portes insoupçonnées qui nous permettent, une fois ouvertes, d'être un peu moins l'objet de nos motivations inconscientes...

Lorsque vous êtes en analyse, c'est une des règles fondamentales: dire sans discrimination et de manière spontanée ce qui vous passe par la tête "ce qui vous tombe dans l'esprit".

Ce ne peut être, bien entendu, un mode de vie.

Le psychanalyste invite le sujet à penser librement pour mieux se découvrir... à lui-même.

Librement ne veut pas dire "n'importe quoi" "n'importe comment" mais que l'analysant doit se sentir libre d'exprimer ce qui lui vient à l'esprit. Et que le psychanalyste n'a pas à intervenir pour lui donner quelques directives que ce soit ni juger du contenu de ces propos.